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Bienfaiteurs de la SdN… et de bien d’autres Featured

Pascal Praplan

Photo de couverture: John D. Rockefeller (à gauche) et son fils, John D. Rockefeller jr. Bibliothèque du Congrés

En ce début du XXe siècle, ils rivalisent déjà de philanthropie, les grands industriels américains. Les Ford, Carnegie ou Lilly versent des millions aux bonnes œuvres – humanitaires, mais aussi éducatives ou sanitaires… voire religieuses. Cette manne se déverse bien au-delà des frontières américaines, notamment celle de la plus riche famille du moment, les Rockefeller, et de leur fondation, dont le but est aujourd’hui encore, de «promouvoir le bien-être de l’humanité» (1). Les domaines de récipiendaires potentiels sont donc des plus variés, qui va de l’œcuménisme (2) à la traite des femmes en passant par la rénovation du château de Versailles (4).

A Genève, deux institutions vont profiter à intervalles réguliers de dons des Rockefeller qui s’élèvent souvent à des dizaines de milliers de francs de l’époque : l’École de soins infirmiers du « Bon-Secours » et l’Université, notamment les diverses sections de sa Faculté des sciences, et surtout son Centre d’épistémologie génétique où excelle un certain Jean Piaget (4). Et puis en droite ligne de leur philosophie, les Rockefeller assurent la naissance, puis la survie de l’Institut universitaire de hautes études internationales avec une série de donations allant bien au-delà du demi-million de francs de l’époque.

Plans du palais de la SdN à modifier

La Fondation va bien évidemment s’intéresser à la Société des Nations (SdN). D’abord avec discrétion, dans un de ses domaines de prédilection : l’hygiène. Elle soutient tant et si bien le Comité d’hygiène de la SdN que celui-ci devient l’une des plus importantes commissions de la Société : «Grâce à la générosité de M. Rockefeller, elle dispose de crédits plus considérables que les autres organisations de la Société des nations, et peut, pour cette raison, entreprendre de plus grandes œuvres.» (6)

Puis John D. Rockefeller junior frappe un grand coup : il offre 10 millions de francs à la SdN pour créer une bibliothèque mondiale pour l’étude de la vie internationale. La bibliothèque qui était réservée, jusqu’en 1927, au secrétariat de la SdN, devra être accessible à tous les chercheurs, indique l’une des clauses de l’acte de donation (7). Elle était prévue dans le bâtiment du secrétariat, mais le don permet d’envisager un bâtiment dédié entièrement aux livres, revues et documentation au sein du nouveau palais.

Les architectes se remettent donc au travail, mais agrandi, leur projet se trouve à l’étroit sur le terrain prévu. Un échange avec la Ville de Genève résoudra la question, le nouveau palais trouvera enfin sa place dans les 46 hectares du parc de l’Ariana… (8)

  1. rockefellerfoundation.org
  2. L’institut œcuménique est installé à Bossey grâce à la Fondation (Journal de Genève du 2 novembre 1951, p.6).
  3. Gazette de Lausanne du 21 août 1930, p. 6.
  4. La Fondation versera 100 millions de francs de l’époque à cet effet. Les journaux d’alors donnent un taux de change de cinq francs suisses pour un dollar américain environ.
  5. Les donations sont essentiellement liées aux travaux du grand pédagogue, elles sont particulièrement élevées dans son cas (des centaines de milliers de francs de l’époque, cf. notamment le Journal de Genève du 17 mai 1958, p. 13).
  6. Journal de Genève du 21 avril 1925, p. 2.
  7. Journal de Genève du 20 septembre 1937, p. 2.
  8. ungeneva.org/fr/about/palais-d...
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Pascal Praplan
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Jun 14th, 2023
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