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Dag Hammarskjöld, le diplomate au cœur des tensions de l'Après-guerre

100 ans de multilatéralisme à Genève

Par Anne Cendre

Texte tiré de 100 ans de multilatéralisme à Genève, Editions Suzanne Hurter.

Le titre publié ici est de la rédaction de geneveMonde.ch

Dag Hammarskjöld est né en 1905, à Jönköping, dans une vieille famille de notables suédois. Il fait des études de droit, économie et politique à Uppsala, la meilleure université du pays. Après avoir occupé plusieurs postes officiels et présidé la Banque centrale, il entre en 1949 dans le service diplomatique, début de sa carrière internationale. Il devient le délégué permanent suédois auprès des Nations Unies et, en 1953, succédant au Norvégien Trygve Lie contraint à la démission par l’URSS, Dag Hammarskjöld est élu Secrétaire général. Il est réélu pour un second mandat en 1957. Il envisage ainsi son rôle : « écouter, analyser et apprendre à comprendre les forces en jeu et les intérêts pour donner le bon conseil que la situation exige ».

100 ans de multilatéralisme à Genève
Dag Hammarskjöld (1905-1961), Secrétaire général des Nations Unies
Dag Hammarskjöld (1905-1961), Secrétaire général des Nations Unies

Organisation encore jeune, l’ONU a besoin d’un renforcement de son administration. Dag Hammarskjöld s’y emploie, malgré de nombreuses critiques. Pendant plusieurs années, il s’investit dans les combats au Moyen-Orient entre Israël et les Etats arabes. Ardent défenseur du service public international il cherche à faire respecter les valeurs de la charte des Nations Unies en évitant de s’aligner sur un bloc politique spécifique. Durant la guerre froide, les tensions internationales auxquelles il doit faire face ne manquent pas, notamment le mouvement de décolonisation qu’il soutient. En 1956, lors de la crise de Suez, il n’hésite pas à intervenir contre la France et le Royaume-Uni, exigeant leur retrait et mettant sur pied la première force d’urgence de l’ONU. Dag Hammarskjöld a également joué un rôle important dans la crise de 1958 au Liban et en Jordanie. En 1960, il recrute des forces de l’ONU dans le conflit congolais et s’engage personnellement pour tenter de mettre fin à la dissidence katangaise. C’est en se rendant en Rhodésie (Zambie actuelle) pour rencontrer le Katangais Tshombé qu’il meurt dans un accident d’avion, à Ndola. Encore aujourd’hui on ignore, malgré de multiples enquêtes, si Dag Hammarskjöld a été assassiné ou s’il s’agit d’une erreur de pilotage.

Son courage et sa lucidité, qui ont inspiré de nombreux hommes d’Etat, lui valent le Prix Nobel de la paix à titre posthume en 1961. Outre son action politique, Dag Hammarskjöld a entretenu des liens avec des écrivains et des artistes. Ami du poète diplomate Saint-John Perse, il traduit une de ses oeuvres en suédois. Célibataire, il était heureux de pouvoir se consacrer entièrement à sa tâche et à sa vocation. Réaliste, il disait que les Nations Unies n'avaient pas été créées pour instituer le paradis sur terre mais pour sauver l’humanité de l'enfer. Après sa mort, son journal, « Vägmärken » – dont il avait autorisé la publication posthume –, qui parut en français en 1966 sous le titre de « Jalons », a révélé la recherche intellectuelle et spirituelle à laquelle il s’est livré toute sa vie. Inspiré par les penseurs mystiques, commentant des passages bibliques, composant des poèmes, le journal révèle la personnalité d’un homme discret qui a su conjuguer la réflexion et l’action.

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Nov 20th, 2023
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