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Pascal Praplan

Les mauvais élèves font (aussi) les grands hommes… C’est à 14 ans qu’Henri Dunant (1828-1910), élève médiocre, quitte le collège de Genève. Il entre en apprentissage chez les agents de change Lullin & Sauter. Dans le même temps, ce fils d’une famille qui baigne dans l’atmosphère de piété du Réveil protestant va très vite se montrer actif dans des activités religieuses et philanthropiques. Il lance, entre autres, l’Union chrétienne de jeunes gens, puis part peu après pour Sétif en Algérie, travailler pour la Compagnie genevoise des colonies (cofondée par ses patrons banquiers). Il y lance en parallèle sa propre entreprise, la Société des moulins de Mons-Djémila.

Rencontrant des difficultés dans ses affaires, il cherche à s’attirer les bonnes grâces de Napoléon III qu’il suit en Italie en 1859, dans sa guerre contre l’Autriche. Il y découvre les horreurs de la bataille de Solférino - 40'000 soldats mourants ou blessés - et y organise les secours d’urgence avec les habitants. Profondément choqué, Henri Dunant publie trois ans plus tard Un souvenir de Solferino qui aura un retentissement dans toute l’Europe.

Questions fondamentales

Il s’y pose deux questions essentielles : « n'y aurait-il pas moyen […] de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre […] ? » (qui inspirera la création de la Croix-Rouge) ; les autorités militaires de différents pays ne pourraient-elles pas formuler « quelque principe international, conventionnel et sacré, lequel une fois agréé et ratifié, servirait de base à des sociétés de secours pour les blessés dans les divers pays de l'Europe ? » (à l’origine des Conventions de Genève).

Gustave Moynier, président de la Société genevoise d’utilité publique, y est sensible, qui fonde avec lui une commission dont font aussi partie le général Dufour, ami de Napoléon III, et les médecins Louis Appia et Théodore Maunoir. Tout se précipite dès lors, avec la transformation de la commission des cinq en un Comité international de secours aux blessés en 1863, une conférence internationale à Genève la même année, l’adoption du brassard blanc à croix rouge, la signature en 1864 des Conventions de Genève. Henri Dunant est alors au comble de la gloire, reçu partout avec les honneurs.

Las, ses affaires algériennes périclitent. En 1867, il est déclaré en faillite tout comme son principal créancier, le Crédit genevois, et condamné pour pratiques frauduleuses. Gustave Moynier craint pour la réputation de la Croix-Rouge et éloigne Henri Dunant du comité. En 1875, amer, celui-ci va s’établir à Heiden, petit village d’Appenzell, au bord du lac de Constance. Malade, il sera transféré à l’hospice local où il passera 18 ans. On le croit mort jusqu’à ce qu’un article d’un journaliste allemand le rappelle au souvenir de l’opinion publique. En 1901, il reçoit le premier Prix Nobel de la paix et les félicitations du CICR qui viennent parachever sa réhabilitation.

Ecoutez également Sons d'Histoire, le Podcast de geneveMonde.ch consacré aux Conventions de Genève

Sources

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Pascal Praplan
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Apr 19th, 2023
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