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"La revanche du sacré dans la culture profane". Par Leszek Kolakowski - Rencontres internationales de Genève (7/8)

1973
RIG/RTS
geneveMonde

La 24ème édition des RIG, en 1973, est consacrée au thème du retour du religieux. Leszek Kolakowski donne à cette occasion une conférence inaugurale intitulée "La revanche du sacré dans la culture profane".

Né en 1927 à Radom (Pologne), Leszek Kolakowski a fait ses études de philosophie à l’Université de Lodz où il devient assistant de la chaire de logique de 1947 à 1949. Il se tourne ensuite vers l’histoire de la philosophie et de la religion et devint professeur d’histoire de la philosophie à l’Université de Varsovie. Membre du parti communiste depuis 1945, il en est expulsé en 1966. Entré dans la dissidence, il est contraint à l'exil et poursuit sa carrière à l'étranger, à l’Université de McGill (Montréal) d'abord, puis à l’Université de Californie, Berkeley (1969-70) et Oxford.

On n’éprouve plus le besoin de chercher dans la tradition religieuse l’explication causale des phénomènes de la nature

Face au constat statistique du déclin de la religiosité dans les sociétés contemporaines industrialisées, à partir du XIXe siècle donc, Leszek Kolakowski se demande ce qu'il reste aujourd'hui de notre rapport au sacré et au religieux. "On n’éprouve plus le besoin de chercher dans la tradition religieuse l’explication causale des phénomènes de la nature ou d’y puiser l’inspiration idéologique dans les conflits sociaux", explique-t-il.

Nous vivons dans un monde où toutes les formes et toutes les distinctions héritées subissent des attaques violentes, au nom d’un idéal d’homogénéité totale [...]

Historien et philosophe, Leszek Kolakowski affirme que le processus de sécularisation des sociétés suit invariablement l'industrialisation. Le sacré (le religieux) subit depuis un processus d'universalisation, qui a contribué à l'effacement des frontières entre le sacré et le profane. Or cet effacement n'a pas permis l'avènement de sociétés égalitaires, ni l'abolition de la violence et des guerres. "Nous vivons dans un monde où toutes les formes et toutes les distinctions héritées subissent des attaques violentes, au nom d’un idéal d’homogénéité totale [...]". Pour le philosophe, la question qui se pose alors est: comment nos sociétés peuvent-elles survivre sans le sacré? Dans son questionnement, Leszek Kolakowski affirme le besoin du sacré. Sans le sacré, selon lui, "la vie ne serait que le désir désespéré et incessant de vivre, et finalement le regret de ne pas avoir vécu. Accepter la vie, et en même temps l’accepter comme une défaite, cela n’est possible qu’à la condition d’admettre un sens qui ne soit pas totalement immanent à l’histoire humaine, c’est-à-dire à la condition d’admettre l’ordre du sacré".

Leszek Kolakowski offre ici une lecture très intéressante et inspirante du processus de sécularisation des sociétés occidentales, du rôle qu'y ont joué le rationalisme des Lumières, les sciences et l'industrialisation.

Véronique Stenger pour geneveMonde

Consulter également le site des Rencontres internationales de Genève

Crédit photo : By Bert Verhoeff for Anefo - Dutch National Archives, The Hague, Fotocollectie Algemeen Nederlands Persbureau (ANeFo).

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Aug 17th, 2023
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